Ma recherche a débuté avec l’image photographique, la vidéo, la performance et actuellement elle s’étend à des séries de dessins et de peintures très colorées. Dans le prolongement de ce plaisir de la couleur, j’ai suivi une formation de vitrail en 2025, je commence à manipuler ce médium.
Je demande également à des personnes de poser nues pour moi, sans sélection, individuellement ou collectivement. Tout-es émouvant-es dans leurs réalités, leurs présences, leurs histoires, leurs genres.
Peu à peu une typologie de corps singuliers, de personnages et de groupes hétéroclites parcourent le champ de ma création. Regarder un corps, lui accorder de l’attention, de la douceur, de l’indulgence le rendre beau-belle et puissant-e. Iles se réincarnent.
J’essaie de donner à voir et à sentir un réenchantement possible du réel par la couleur. Chaque couleur véhicule une énergie, une lumière, un mouvement ; je la pose avec vivacité. Parfois elle accompagne les modèles dans des mises en scènes photographiques, des performances. Des objets, des volumes, des fonds sont fabriqués et/ou portés en fonction d’actions ou de
poses que j’écris comme des scénarios.
Régulièrement, l'atelier se déplace sur les reliefs et les bords de mer, là où je marche, et je pratique le dessin d’observation sur le motif. Je détache les pages des carnets, pour les exposer et/ou les utiliser comme matrice sur d’autres formats.
En atelier, des corps et des animaux dessinés dans les paysages confèrent à l’espace pictural une dimension narrative, on y trouve des animaux qui côtoient les hommes depuis des millénaires, tel que le loup, l’ours, le sanglier.
J’oscille entre «le voir» et «le ressenti», entre «le laisser faire «et «la construction mentale» - je tâtonne en cherchant à relier l’un et/à l’autre.
Parfois l’art, la recherche artistique ébranlent nos certitudes, nous rappelant aux mouvements, à l’éphémère, à la poétique du monde marquée de multiplicités, de doutes. L’art, la création sont sources de partages avec les autres les émotions, les vécus. Il/elle me permettent de questionner l’en commun.